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Un débat à 5 candidats

>Var Matin le 31 Mai 2012< Titre original : Un siège très convoité pour ce cher haut-Var

Une franche cordialité. Voire de l’amitié. Non feintes ! Si les deux candidats dracénois ne se sont pas tombés dans les bras – on s’y attendait– , nous étions les premiers étonnés, hier matin, par le climat civil et détendu qui a présidé au débat organisé par Var-matin entre les cinq principaux candidats aux législatives dans la 8e circonscription. Sous la férule d’Olivier Biscaye, directeur des rédactions, de Sophie Boudet, directrice départementale de notre titre, et dans le cadre agréable du restaurant le Pagnol à Trans-en-Provence, chacun a pu s’exprimer sereinement sur cinq grands thèmes. Et répondre à quelques interrogations concernant ses perspectives électorales, ou dans l’habit du premier député du haut Var.

« Mon cher ami »…. « Concurrent mais pas adversaire !… », a-t-on ainsi entendu…

De Geneviève Blanc (FN) à Bernard Clap (PS), de Max Piselli (Divers droite) à Olivier Audibert-Troin (UMP), en passant par Pierre Jugy (SE), un respect mutuel s’est ainsi dégagé. Mais surtout un amour partagé et clamé pour l’immense territoire de la nouvelle circonscription et son épicentre Draguignan, avec ses 65 communes, ses 10 cantons et ses 135.000 âmes.

Face à un scrutin aussi incertain que les candidats peuvent être divisés, à droite notamment, aucune surprise n’est à exclure. Et c’est donc pétris d’une modestie de circonstance que les prétendants à l’hémicycle ont dessiné leur Var rural en matière de transports, d’agrotourisme, de présence médicale, d’emploi ou d’extraction du gaz de schiste. Modestie parce que la qualification pour le second tour pourrait se jouer d’un cheveu en raison de la multiplication des candidatures, mais aussi du taux d’abstention attendu, de l’ordre de 40 %.  Parce que les heureux élus comptent bien taper dans la précieuse cagnotte de voix des éliminés du premier acte.
Certes, on ne les mariera sans doute pas tous. Mais ils ont affirmé de conserve que, quel que soit le résultat, l’ordre et l’amitié républicains seront la règle. On ne demande qu’à le croire !

 

 


Quelles solutions pour dynamiser l’emploi ?

Avec deux propositions phares pour l’emploi dans la circonscription, les cinq candidats font de ce thème une priorité. La Dracénie enregistre un des plus forts taux de chômage dans le département, notamment chez les jeunes.

– Max Piselli : « Développer le tourisme permet de générer des emplois tout en confortant l’agriculture. Avec notre patrimoine exceptionnel, on ne doit pas laisser partir les jeunes ailleurs. Surtout que la plupart adorent leur pays et n’ont pas envie de le quitter »

– Pierre Jugy : « Pour dynamiser l’emploi, je pense que la mesure efficace est de laisser aux entreprises locales l’accès aux marchés publics. Répondre aux appels d’offres est un coup de fouet évident pour les entrepreneurs. Et en veillant à cela, on assure un avenir pour nos jeunes ».

– Olivier Audibert-Troin : « Il faut miser sur la formation pour faire se rencontrer entreprises et apprentis. Il est indispensable de grossir notre outil de formation. Créer un pôle d’excellence militaire est une solution efficace pour appliquer des méthodes militaires sur des applications civiles »

– Geneviève Blanc : 
« Revaloriser le travail manuel, certes. Mais faut-il encore trouver les entreprises qui les emploient. Il faut rouvrir les commerces de proximité. Ils font notre ruralité et, si on les perd, on perd aussi notre identité ».

– Bernard Clap : « Dynamiser l’emploi, c’est travailler sur les ressources de notre territoire. Qu’une filière bois ne soit pas encore mise en place sur notre territoire est surprenant. Et, pour garder nos jeunes, il ne faut pas que miser sur l’économie résidentielle ».

 

 


Désertification médicale : même combat !

À l’unisson, les cinq candidats pointent du doigt le manque de « médecins de campagne ». Certains ont des propositions bien concrètes en la matière.

Geneviève Blanc : « C’est un grave problème. Augmenter le numerus clausus, en parvenant à 6.000 médecins supplémentaires par an, fait partie du programme du FN pour favoriser l’implantation des jeunes médecins en milieu rural. Je souhaite encourager la création de maison de santé de proximité et la sauvegarde de structures médicales à échelle humaine ».

Bernard Clap : « Je suis favorable à un nouveau maillage de la santé en milieu rural, faire un diagnostic beaucoup plus précis des besoins. Je souhaite développer des maisons cantonales de santé. Il est important pour les habitants des villages de ne pas se sentir isolés, notamment au niveau de la santé. Il faut aussi maintenir le Dragon 83 (l’hélicoptère de la sécurité civile) ».

Max Piselli : « La désertification médicale rejaillit directement sur l’économie. En tant que président du conseil de surveillance de l’hôpital de Draguignan nous travaillons sur ce sujet. Si j’ai la chance d’être élu, je proposerai une loi concernant les étudiants en médecine. Au concours de première anné e, seuls sont retenus ceux qui ont, disons, entre 15 et 20. Tous ceux qui se trouvent juste en dessous, aux alentours de 14, 5, pourront pass er à la condition qu’ils s’engagent pendant trois ans à servir la médecine en milieu rural ».

Olivier Audibert-Troin : « Il faut veiller à ce qu’il n’y ait pas un territoire à deux vitesses. Pour autant, je ne pense pas qu’il faille faire des textes de loi supplémentaires. Pour l’installation de médecins, il faut des incitations fiscales et financières. Concernant les honoraires, je ne suis pas favorable aux propositions du gouvernement qui veut supprimer le secteur 2 (1). Il faut aussi développer les partenariats entre le public et le privé ».

Pierre Jugy : « Ma suppléante est médecin urgentiste à l’hôpital de Draguignan, donc nous connaissons très bien ces difficultés. Quand je suis sur le terrain, les gens me disent que leur carreleur ou leur garagiste sont, pour la plupart du temps, entourés de secrétaire, de personnel. Les médecins de village n’ont pas suffisamment de moyens. Le médecin qui se lance dans cette voie doit pouvoir réussir à gagner sa vie ».


1. Les médecins peuvent pratiquer des tarifs libres, « avec tact et mesure 
».

 


Un territoire qui reste à exploiter

Agriculture et tourisme sont deux des clés du développement du haut-Var. Comment les candidats envisagent de les marier pour assurer une présence humaine et active ?

Olivier Audibert-Troin : « J’ai d’abord une pensée pour les viticulteurs sinistrés du Brignolais. Il va vraiment falloir se pencher sur le régime des calamités agricoles. Nous devons impérativement diversifier l’agriculture via le pastoralisme ; résoudre le problème de l’abattoir qui fait défaut et se pencher encore sur le loup pour lequel nous avons obtenu 11 autorisations de tir contre 6 auparavant. En second lieu, on pourrait développer la culture du chanvre dans l’ouest qui est un matériau de plus en plus demandé dans l’éco-construction. Enfin, le développement de l’œnotourisme est opportun. Le département a candidaté pour l’obtention d’un label qui concernerait 100 domaines dans la circonscription ».

Pierre Jugy : « Je vis du tourisme et fais tout mon possible pour le promouvoir dans le nord du département. Pour l’heure, le premier problème est celui du logement des équipes que nous peinons à sédentariser. Nous possédons les produits touristiques et la plupart des établissements sont compétitifs. L’Europe entière se bat pour venir dans le sud. À nous de retenir les visiteurs ».

Geneviève Blanc : « Tout à fait d’accord pour le développement de l’œnotourisme et de la culture du chanvre. Ma pensée va néanmoins vers les petites exploitations pour lesquelles il faut favoriser les cycles courts de commercialisations et casser les monopoles de la grande distribution. Il faut aussi revaloriser les retraites, notamment des veuves d’exploitants. Par ailleurs, il faut aller vers un tourisme humain fait de visites, de cueillette à la ferme, de circuits équestres. Sans empiéter sur les terres agricoles. »

Bernard Clap : « La politique agricole commune est essentielle pour le maintien de l’activité. Il faut organiser les filières contre la grande distribution. Favoriser les cycles courts. En finir avec la spéculation et préserver le foncier agricole. Quant au loup, il ne s’agit pas que de tuer : il y a le bon et le mauvais loup ! La charte européenne du tourisme rural prend en compte tous ces aspects. Nous devons construire une offre touristique entre professionnels et habitants. »

Max Piselli : « Les jeunes veulent vivre au pays. Nous possédons une richesse agricole et patrimoniale exceptionnelle. Le haut-Var, c’est une image d’Épinal ! Notre problème, c’est de drainer les flux touristiques du littoral vers le nord. Nous en avons les moyens. Les gens peuvent trouver chez nous le calme et la sincérité qu’ils recherchent ».

 


Lignes ferroviaires : leurs différentes voies

En matière de transport ferroviaire, les avis divergent, notamment sur la possible réalisation de la Ligne à Grande Vitesse (LGV). Positions plus modérées à propos de la réouverture de la ligne SNCF Les Arcs-Draguignan.

– Bernard Clap : « Je m’oppose à la LGV. Ce sont des milliards d’euros dépensés au détriment de nos terres et de nos cultures. Améliorons l’existant car le tracé Marseille-Toulon, d’abord pensé, est caduc. Quant à la réouverture du trajet SNCF, Les Arcs-Draguignan, j’imagine davantage une voie verte avec un tramway ou un « bus propre ».

– Max Piselli : « La LGV est nécessaire dans l’Europe que nous voulons construire. Si nous ne l’avons pas maintenant, nous l’aurons dans quelques années. C’est un moyen sécurisant. Reste à trouver un financement comme pour la ligne Les Arcs-Draguignan, que je ne trouve pas nécessaire tant le réseau autocariste s’est développé. »

– Pierre Jugy : « Il faut écouter la volonté populaire qui ne veut pas de ce projet de LGV. Car s’il n’y a pas l’argent et la nécessité de le faire pourquoi se battre contre les associations d’usagers qui la dénoncent. Rouvrir la ligne Les Arcs-Draguignan serait plus utile compte tenu du délai d’attente entre les correspondances. »

– Geneviève Blanc : « Il me semble qu’un référendum est indispensable pour voter la création de la LGV. L’impact sur l’environnement est important pour un gain de temps minimum. Mais pour les petits trajets je suis favorable à la réouverture de la ligne les Arcs-Draguignan, évitons d’utiliser la voiture.»

– Olivier Audibert-Troin : « On ne peut pas s’opposer à la LGV. On serait la seule région à ne pas l’avoir et pour un département touristique comme le nôtre c’est indispensable. Trouvons des modes de financements publics et privés pour mener à bien cette réalisation. Si la ligne Les Arcs-Draguignan est une embellie pour la Dracénie, allons-y mais préconisons l’économie et l’efficacité d’abord. »

 


C’est dit !

– Nous n’avons pas retrouvé les thèmes habituels du FN dans ce débat ? G. Blanc : «J’ai parlé du FN que les gens veulent connaître. Il y a une inquisition politico-médiatique qui ne retient que les aspects du FN tel que l’immigration. Même si je suis contre le droit du sol… »

– Vous avez dit que vous la joueriez collectif en cas de victoire. Tendrez-vous la main à Max Piselli dans ce cas ? O. Audibert-Troin : « La politique ce n’est pas un combat d’un homme contre un autre, mais un combat pour des idées et des valeurs. Je tendrai la main à Max Piselli. Je veux être un homme de rassemblement ».

– Après trois semaines de présidence, pensez-vous que François Hollande tiendra ses engagements ? B. Clap : « Oui. Mais pour ce faire il faut donner une majorité au gouvernement. Pour construire, c’est indispensable. Car la cohabitation ne serait pas le bon outil pour accomplir notre politique, après 20 ans de droite au pouvoir ».

– En cas d’échec au premier tour, et si Olivier Audibert-Troin était au second, appelleriez-vous à voter pour lui ? M. Piselli : « J’ai le temps d’y réfléchir. Je suis légitime dans ma candidature par mon expérience de maire, de conseiller général depuis 25 ans, par ma place de pdt du SDIS autrefois et du conseil de surveillance de l’hôpital aujourd’hui. J’ai aussi créé la CAD… J’ai confiance ».

Quid si vous créez la surprise au soir du premier tour ? P. Jugy : « Je suis parti en campagne avant tout le monde car je n’attendais pas d’investiture. Pour entendre les gens. Ils veulent élire quelqu’un qui soit capable de donner la main à chacun, au-delà des querelles intestines. Je le sens de mieux en mieux chaque jour ! »

 


Une phrase pour convaincre

Geneviève Blanc : « Un avenir pour tous les Français »
Bernard Clap : « Se mobiliser pour que d’autres ne décident pas à votre place »
Max Piselli : « Une force de résistance dans une droite républicaine humaniste »
Pierre Jugy : « Les gens qui s’occupent de vous sont à votre disposition et non au service de la politique »
Olivier Audibert-Troin : « Aimer les gens, aimer les territoires »


Débat : « frustration » pour l’UMP, « vivement dimanche » pour le PS

> Le Nouvel Observateur, le 03-05-2012 à 13h14<

Finalement, tout le monde l’a trouvé « agressif » pendant le débat télévisé de mercredi 2 mai au soir ! Mais de qui parle-t-on au juste ? Des deux candidats en fait. L’adjectif est largement repris par les soutiens des deux camps. A l’UMP, Nathalie Kosciusko-Morizet s’est étonnée du « côté agressif » de François Hollande. Jean-François Copé l’a vu « en hyperagressivité sur la totalité des thèmes ». Côté PS, pour Jean-Marc Ayrault, « Nicolas Sarkozy tombait en permanence dans l’agressivité ». Même ligne au Parti radical de gauche où Jean-Michel Baylet a observé un candidat-président « dans l’esquive permanente et l’agressivité ».

La posture présidentielle

Les candidats ont-ils montré une stature de président de la République ? « François Hollande, sur tous les sujets, a été à la hauteur de ce qu’on attend d’un président de la République », se félicite Martine Aubry. Un candidat « prêt à présider la France » avec « la stature d’un homme d’Etat » pour Jean-Michel Baylet. Une « qualité d’un homme d’Etat » aussi observée par Jean-Marc Ayrault.

A l’UMP, la question de la posture présidentielle ne se pose pas : le statut et l’expérience, Nicolas Sarkozy les a déjà. « On avait un chef d’Etat qui a tenu la barre », constate François Baroin. Alors, chacun préfère saluer, comme le fait le ministre de l’Economie, un homme « serein, digne, combatif ». « La détermination, la solidité d’un homme », qui persuadent Jean-François Copé et les militants de l’UMP : « On va gagner ! »

Manque d’enthousiasme à l’UMP

Les ténors de l’UMP peinent, en revanche, à clairement se féliciter de la prestation de leur candidat et se contentent, à l’instar de Nadine Morano, d’insister sur la « lourdeur de la tâche accomplie » par le président sortant. Ils préfèrent dénigrer l’intervention de François Hollande. Jean-François Copé ironise sur un « moment tragi-comique », « le moment où François Hollande a dit ‘moi, président de la République, moi je, moi, je’, (…) c’était ridicule, chaque fois les gens rigolaient. »

Le patron de l’UMP insiste sur cette tirade : « Disons que j’ai bien pensé au Guignols. » Même lorsque le conseiller spécial, Henri Guaino, reconnaît en François Hollande « un politicien habile qui me fait penser aux politiciens de la IVe République », le compliment est une attaque : « Tout ce que je déteste. » Seul le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant admet que le candidat PS s’est montré « très pugnace ».

Au PS, l’enthousiasme pour l’intervention de son candidat est bien plus marqué. Martine Aubry a trouvé François Hollande « exceptionnel ». Ségolène Royal salue une démonstration faite « avec panache et brio » par son ancien compagnon.

Mais qui a gagné le débat ?

L’UMP, par la voix de Claude Guéant ou de Nadine Morano, parle de « frustration » à l’issue du débat. La ministre de l’Apprentissage n’en démord pas : « J’ai ressenti de la frustration parce que l’emploi des jeunes n’a même pas été abordé, que nous arrivions sur les questions internationales vers 23h30. Cela aurait mérité qu’il y ait trois débats. » Le ministre de l’Intérieur regrette aussi que le candidat socialiste ait donné l’impression « d’être déjà installé dans le fauteuil du président ».

Une impression de victoire partagée par Jean-Luc Mélenchon qui a appelé à voter Hollande au second tour : son candidat a « bien scotché » Nicolas Sarkozy. Jean-Marc Ayrault estime lui aussi qu’il y a eu un gagnant : le débat « n’est pas un match nul ». Pour Ségolène Royal, aucun doute, « François Hollande a dominé les débats ». Et Martine Aubry de conclure : « Hollande était déjà dans la fonction de président de la République, je n’ai qu’un mot à dire : vivement dimanche ! »


Journal des Elections n°8

Le 8ème numéro du journal des élections présidentielles est en ligne !


Bayrou, Cheminade, Sarkozy, Arthaud et Mélenchon sur France 2 : ce qu’il faut en retenir

> France TV info, Publié le 12/04/2012 | 23:02 , mis à jour le 13/04/2012 | 08:05 <

Après la première édition avec François Hollande, Marine Le Pen, Eva Joly, Nicolas Dupont-Aignan et Philippe Poutou mercredi, François Bayrou, Jacques Cheminade, Nicolas Sarkozy, Nathalie Arthaud et Jean-Luc Mélenchon étaient invités de l’émission « Des paroles et des actes », jeudi 12 avril. Par ordre tiré au sort, ils se sont confrontés, les uns après les autres, aux quatre mêmes journalistes durant 16 minutes et 30 secondes, CSA oblige. Enjeux et résumé pour chacun.

• François Bayrou

L’enjeu Enrayer la chute. L’ex-« troisième homme » de 2007 n’a plus la cote, il est même tout récemment tombé sous la barre des 10% dans les sondages, derrière Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Le centriste, qui n’a pas lâché son discours sur le désendettement du pays depuis cinq ans, doit donc renverser la vapeur.

La phrase « On considère comme normal que l’Etat, qui devrait montrer l’exemple, entasse la dette sur le dos des enfants. »

L’attitude Sérieux et pédago. Fidèle à lui-même, le candidat du MoDem a défendu son programme, notamment son volet économique. Son diagnostic ? « Le modèle social français est gravement menacé (…) parce que c’est le modèle le plus exigeant et le plus cher des pays qui nous ressemblent. »

François Bayrou a également dénoncé « le gaspillage encouragé » de l’Etat, promettant« qu’on ne dépensera[it] pas plus l’année prochaine et l’année suivante » que cette année s’il était élu. Enfin, il a maintenu ses propos sur le « climat » politique tenus le soir de la tuerie dans l’école juive de Toulouse, estimant : « Les guerres de religion ne sont jamais éteintes, elles menacent toujours de se rallumer. »

La difficulté Interrogé sur les appels du pied de l’UMP et du PS en sa direction, François Bayrou s’est présenté comme « la seule majorité stable et crédible face à la crise », tout en refusant d’exclure l’idée d’être le Premier ministre de l’un ou l’autre des deux candidats.


• Jacques Cheminade

L’enjeu Gagner en crédibilité. Déjà candidat en 1995, le chef de file de Solidarité et Progrès, qui a décroché de justesse les 500 parrainages, est considéré comme l’ovni de cette élection. Avec ses propositions surprenantes et iconoclastes et une équipe de campagne restreinte, il profite de l’égalité du temps de parole pour sortir de l’anonymat.

La phrase « Je suis une Jeep tout terrain et ce qui m’intéresse, c’est de voir les choses en perspective. »

L’attitude Dans l’espace. Contrant toutes les attaques en « bizarrerie » de son programme en invoquant « l’avenir, la vision à long terme », Jacques Cheminade a défendu tour à tour le développement du chant choral, les investissements pour « une fusée Ariane 5 ME » et perdu ses interlocuteurs avec des propos techniques.

Il a regretté « la mystique de l’équilibre budgétaire », expliqué « la différence entre la dette légitime et illégitime » et invoqué Maurice Allais, « notre seul prix Nobel d’Economie », qui prônait la séparation des banques de dépôt et d’investissement. Il partage d’ailleurs cette proposition avec François Hollande, pour qui il pourrait voter au second tour, « s’il maintient ses positions contre la finance ».

La difficulté Interrogé sur les théories du complot largement relayées par son mentor américain Lyndon LaRouche, il a botté en touche : « Je considère qu’il y a deux types d’imbéciles, ceux qui disent ‘il n’y a pas de complot, jamais’, et ceux qui disent qu’il y a des complots tout le temps. » Sur les attaques du 11 septembre 2001 à New York notamment, il s’est contenté d’affirmer : « Il y a des éléments troublants.« 


• Nicolas Sarkozy

L’enjeu Gratter des points. Le président candidat confiait dimanche 8 avril auJDD « sentir monter la vague » de la victoire. Mais, donné en recul dans les derniers sondages et toujours largement distancé par François Hollande au second tour, il cherche toujours un véritable élan.

La phrase « La France silencieuse a des choses importantes à dire, à vous, aux médias, à la pensée unique, attendons le choix des Français. »

L’attitude Pragmatique et expérimenté. Comme au cours de ces derniers jours de campagne, Nicolas Sarkozy cherche à se repositionner comme le capitaine capable de tenir la barre : « J’ai l’expérience de la gestion des crises »« la crise, c’est pas une invention, c’est une réalité et il y a quelques jours encore, il a fallu sauver la Grèce »« la dette, le déficit, c’est pas du tout de la psychologie ». Et de promettre : « Si les Français continuent à me faire confiance, on continuera à réduire les dépenses », pointant du doigt celles entraînées selon lui par le programme de François Hollande.

Le candidat UMP a de nouveau décliné certaines de ses annonces, comme l’indexation des retraites sur l’inflation, la fermeture de manière « unilatérale » des marchés publics français aux entreprises produisant hors d’Europe si l’Union n’obtient pas « la réciprocité[d’accès aux marchés] auprès des grands d’Asie ». Sans oublier de tacler son adversaire socialiste.

La difficulté Interrogé sur les propos d’Eva Joly la veille, qui avait parlé d’« une présomption concordante et précise » quant au financement illégal de sa campagne en 2007 et de celle d’Edouard Balladur en 1995 dont il était porte-parole, Nicolas Sarkozy s’est agacé : « Je n’ai pas à répondre à madame Joly, madame Joly c’est qui ? C’est l’alliée de monsieur Hollande. (…) Quand on pense que cette dame qui viole tous les principes du droit (…) a été magistrate (…). Demandez-lui d’apporter des preuves, des faits et je lui répondrai, mais sur les ragots, sur la médisance, la méchanceté, permettez-moi de vous opposer le mépris le plus cinglant. »


• Nathalie Arthaud

L’enjeu Prouver qu’elle est la vraie candidate « communiste révolutionnaire ». Après le show de Philippe Poutou (NPA), le candidat le plus proche d’elle idéologiquement, celle qui a succédé à Arlette Laguiller fait face à un vrai défi. Créditée de moins de 1% dans les sondages, elle cherche à populariser et encourager la lutte internationale des classes, celle des ouvriers et salariés contre « le grand capital ».

La phrase « Je ne connais que la force sociale, la force des travailleurs qui revendiquent leurs droits contre des groupes qui sont riches à milliards. »

L’attitude Vent debout, révoltée. La candidate de Lutte ouvrière n’a eu de cesse de dénoncer « la dictature du grand capital que nous vivons aujourd’hui »« le diktat »« tout le mal qu’[elle] pense de l’économie capitaliste ». Nathalie Arthaud a brandi « la loi et l’article L. 1146-1 » du Code du travail pour justifier sa volonté d’emprisonner les « patrons voyous ».

Elle a également défendu la suppression de la TVA, sauf « pour les produits de luxe, les sacs Vuitton, les yachts », sur lesquels elle envisage même de « doubler, tripler » cette taxe. La candidate trotskiste a réaffirmé la nécessité d’interdire les licenciements, « mesure d’urgence », et celle d’« un salaire jusqu’à la mort » financé avec « les profits qu’on pourrait enlever à ceux qui accaparent des milliards ». Sur les sujets internationaux, Nathalie Arthaud a maintenu ses propos comparant Gaza à « un camp de concentration, une prison à ciel ouvert ».

La difficulté Interrogée sur l’orientation politique de l’enseignement en économie qu’elle dispense au lycée, Nathalie Arthaud a joué la carte de la comparaison avec les journalistes : « Je vous rassure, quand je suis au travail, je travaille et quand je défends mes idées politiques, je défends mes idées politiques, je fais exactement comme vous, je reste neutre, objective. » Précisant dans un sourire : « Nicolas Sarkozy, c’est pas l’alpha et l’oméga, et il n’est pas encore au programme. »


• Jean-Luc Mélenchon

L’enjeu Arracher la troisième place. Après une forte progression dans les sondages, qui le placent au coude-à-coude avec Marine Le Pen autour de 13-14% d’intentions de vote, le candidat du Front de gauche rêve ouvertement de battre le Front national et cherche donc à maintenir le souffle de sa campagne.

La phrase « Je ne peux pas vous cacher que j’ai plaisir à voir que ce que nous avons entrepris rencontre une telle audience. »

L’attitude Entre maîtrise et grandes tirades. Jean-Luc Mélenchon a alterné grandes envolées, coups à ses adversaires et piques contre les journalistes. Le leader du Front de gauche a d’abord balayé le culte de la personnalité dont il ferait l’objet : « Les gens qui viennent là ne viennent pas admirer un bonhomme, vous savez pourquoi ils s’évanouissent ? C’est parce qu’il fait une chaleur épouvantable et qu’ils sont serrés comme des rats. » Il a ensuite prôné « une Assemblée nationale constituante » pour mettre en place « la VIe République », la sortie du traité de Lisbonne et de l’Otan.

Avant de se réjouir de la pression qu’il pourrait faire peser sur la gauche si son score dans les sondages se confirmait : « Ceux qui croyaient qu’on était la gauche folklorique, sans contenu, (…) que le rouge était à ranger au placard, tout ça c’est terminé, nous sommes là ! » Enfin, reprenant une information de Mediapart, il s’emporte : « La finance internationale va attaquer la France le 16 avril prochain, (…) nous entrons dans la saison des tempêtes et on verra qui a une stratégie contre la finance. »

La difficulté Interrogé sur sa position vis-à-vis de François Hollande, Jean-Luc Mélenchon a rétorqué : « Chaque fois qu’il prend une bonne idée dans mon programme, j’applaudis des deux mains et je lui dis ‘je te donne tout le programme’, il peut me passer devant s’il reprend mon programme. »


Un débat entre les 10 candidats prévu le 16 avril

>Le Nouvel Observateur, le 02-04-2012 à 22h08<

La liste exacte des invités et les modalités du débat restent à définir, fait savoir France 2.

France 2 proposera le 16 avril une émission spéciale « Mots croisés » avec les 10 candidats à l’Elysée ou leurs soutiens, mais la liste exacte des participants et les modalités du débat – notamment son horaire – sont encore à définir.

Les détails sur le déroulement de cette émission seront mis au point mardi, a indiqué la chaîne publique. « Mots croisés » est une émission politique hebdomadaire présentée par Yves Calvi, et diffusée tous les lundis à 22h50 pendant 90 minutes.

Nicolas Sarkozy s’est déjà prononcé défavorablement. « Le débat, il a lieu pour les deux candidats que les Français auront choisi pour le 2e tour », a déclaré le chef de l’Etat vendredi sur BFM-TV.

Une majorité de candidats favorables à ce débat

Dans l’équipe de François Hollande, on se montre prudent, en soulignant qu' »un débat à dix, c’est compliqué à organiser ». « Si cela donne lieu à une foire d’empoigne incompréhensible, ça ne rendra pas service aux Français », a indiqué un proche de François Hollande.

Mais en dehors des deux « grands », une majorité de candidats se sont dit favorables à l’organisation d’un débat entre tous les prétendants avant le premier tour du scrutin, notamment Jean-Luc Mélenchon, François Bayrou, Nicolas Dupont-Aignan et Marine Le Pen.

Nicolas Dupont-Aignan, qui sera présent sur le plateau le 16 avril, s’est félicité dans un communiqué de la décision de France Télévisions, tout en demandant que cette émission soit programmée en première partie de soirée, comme « cela avait été le cas pour les débats de la primaire socialiste ».

« Connivence à étouffer tout débat »

François Bayrou a aussi exigé que la confrontation ait lieu en prime time, estimant qu’il n’existait « aucune excuse d’aucune sorte pour la télévision publique de ne pas se rendre à ses obligations ».

« Vous avez organisé un débat en première partie de soirée pendant plus de deux heures pour les primaires du PS. Même si cela ne plaît pas à M. Sarkozy et à M. Hollande, le premier tour officiel de l’élection présidentielle française, c’est plus important que les primaires socialistes », a lancé le candidat centriste, lors d’un meeting à Dijon.

Sa directrice de campagne, Marielle de Sarnez, avait plus tôt garanti que le candidat du MoDem serait présent, quoi qu’il arrive. « Si deux d’entre eux refusaient de venir (…) preuve sera alors apportée de leurs intérêts partagés, de leur connivence à étouffer tout débat », a ajouté l’eurodéputée, sans citer les noms de Nicolas Sarkozy et de François Hollande.

« Il ira si Sarkozy et Hollande y sont »

« On fera sans eux! », a répondu Stéphane Sitbon-Gomez, directeur de campagne d’Eva Joly. Jacques Cheminade, Nathalie Arthaud (LO) et Philippe Poutou (NPA) seront aussi présents sur le plateau, ont indiqué leur entourage.

« Nous sommes favorables à des débats avant le premier tour (…) Le système fait une campagne de second tour avant le premier, contrairement aux souhaits des Français », a expliqué Bruno Bilde, directeur de la communication de la campagne de Marine Le Pen.

Néanmoins, une autre source au FN, sous couvert d’anonymat, a expliqué que « Marine (Le Pen) ira si les deux autres grands candidats », François Hollande et Nicolas Sarkozy, « y vont aussi ». Même réponse côté Mélenchon. « Il ira si Sarkozy et Hollande y sont », a affirmé François Delapierre, son directeur de campagne.


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