Front National (FN)

Le Front national est créé en 1972.  Il est issu de l’organisation Ordre Nouveau  qui décide cette année là de participer aux élections législatives. Nommé « Front national pour l’unité française », il est rapidement  appelé « Front national » Jean-Marie Le Pen en devient le premier président. Les militants et les électeurs du Front national sont appelés « frontistes ».

Jusqu’au début des  années 1980, le parti  ne décolle pas .Mais aux élections cantonales de 1982, Jean-Pierre Stirbois obtient  12,6 % à Dreux. Le Front national obtient son plus gros score sur le plan national  lors des Européennes en 1984 ce qui lui donne 10 élus au parlement européen.

En 1986, après le passage au scrutin proportionnel pour les législatives octroyé par F Mitterrand,  le FN entre à l’Assemblée Nationale.

Le Front national est un parti qui rassemble des membres venus de différents horizons : RPR, extrême droite .Son leader J-PStirbois décède lors d’un accident de voiture  et en 1988. Brunot Mégret devient le  délégué général  et l’un des leaders principaux en région PACA .Carl Lang ou Bruno  Gollnisch  sont des membres importants.

Dans les années 1990, le FN prend une place de plus en plus importante dans la vie politique française. Ses campagnes dénoncent de la corruption qui toucherait les grands partis français comme le PS ou le RPR. Le FN vise ainsi les déçus des partis ayant gouvernés les décennies précédentes .Il sont qualifiés de « la bande des 4 » (RPR, UDF, PC, PS) puis aujourd’hui d’UMPS.

En 1998, une scission fratricide divise le Parti. Bruno Mégret alors numéro deux du Front national quitte le parti pour fonder ce qui deviendra le MNR (Mouvement National Républicain).

Controverses

Un scandale éclate en 1987, lorsque J-M Le Pen  déclare à propos de la contestation, par des négationnistes, de l’utilisation par les nazis de chambres à gaz: « Je n’ai pas étudié spécialement la question mais je crois que c’est un point de détail de l’histoire de la 2° Guerre mondiale .Face à la réaction du journaliste, il répond : « non, la question qui a été posée, c’est de savoir comment ces gens ont été tués ou non En2005, Jean-Marie Le Pen déclenche une nouvelle polémique, avec ses déclarations à l’hebdomadaire Rivarol.

RESULTATS  ELECTORAUX

En 2002, à la surprise de tous les observateurs,  Jean-Marie Le Pen accède au second tour de la présidentielle avec 16,86 % au premier tour (soit 4 804 713 voix). Après de nombreux appels de tous les bords politiques à  manifester et  à voter pour Jacques Chirac, son adversaire, (à l’exception notable de certains partis d’extrême gauche, qui ne donnent aucune consigne), il obtient le plus faible score jamais atteint dans un second tour d’une élection présidentielle de la Ve République : 17,79 % (soit 5 525 032 voix). C’est alors un front uni contre le Front National.

Mais les divisions au sein du parti reprennent, des leaders sont mis à l’écart, cependant Brunot Mégret se rallie à la candidature de J-M Le Pen en 2007.

Jean-Marie Le Pen n’obtient que 10,44 % des suffrages exprimés lors de l’élection présidentielle de 2007, arrivant en quatrième position. Le FN s’effondre ensuite à 4,3 % lors des élections législatives  ayant eu lieu dans la foulée (moins 7 points par rapport au scrutin précédent). Une seule candidate Marine le Pen  se maintient au second tour dans sa circonscription sans être élue. Ce sont les plus mauvais résultats du FN lors d’élections nationales depuis longtemps. Cet effondrement est confirmé l’année suivante lors des élections municipales, au cours desquelles les candidats du FN, qui éprouvent souvent des difficultés financières à constituer des listes, obtiennent des résultats extrêmement faibles (0,93 % des suffrages exprimés au premier tour, 0,28 % au second et seulement une soixantaine de conseillers municipaux). Cette baisse d’influence s’accompagne de problèmes financiers importants qui ont notamment conduit à la vente du siège du Front national

Fin 2008, le parti se retrouve en difficulté financière avec une dette de 8 millions d’euros et en grande perte de vitesse électorale sur fond de succession difficile à sa tête.

Les divisions se multiplient et aboutissent à ce que  le député européen annonce  qu’il monte sa  propre liste dans la circonscription Nord-Ouest face à Marine Le Pen investie par le parti.

LA PASSASSION  DE  POUVOIR

En 2009, lors de la réunion de son parti, Jean-Marie Le Pen confirme son intention de prendre sa retraite après les régionales de 2010, où il sera candidat en PACA.

Lors des élections régionales de 2010, le parti rebondit dans un contexte d’abstention record. Avec 11,42 % des voix au premier tour, il se maintient au second tour dans 12 régions. Le score est en baisse, mais le parti réussit à progresser dans toutes les régions où ses listes restent en lice et atteint 17,5 % des voix au second tour.

En avril 2010 est décidé un congrès en janvier 2011 pour désigner le successeur de J Marie le Pen à la tête du parti. Marine le Pen et Bruno Gollnisch brigue le poste. C’est Marine le Pen qui gagnera l’élection avec plus de 67% des voix. Jean-Marie le Pen devient lui, président d’honneur du parti.

Le  parti compte 22 403 adhérents.

Positionnement dans l’échiquier politique

Les historiens et philosophes classent le Front national comme un parti d’extrême droite, certains parlant de parti fascisant, Michel Winock définit le FN comme la conjonction de toutes les familles de l’extrême droite française : contre-révolutionnaire, pétainiste, OAS

Le FN est radicalement hostile à l’essentiel de l’héritage légué par la Révolution française et à ses valeurs (exprimées par la DDHC qui est violemment dénoncée par le chef du FN qui parle souvent des droits de «l’hommisme»).

Cette classification, extrême droite,  est contestée par les dirigeants du Front national. Jean-Marie Le Pen a ainsi défini son parti comme appartenant à ce qu’il appelle la « droite nationale » ou la « vraie droite ». Il a aussi prétendu que le FN n’est « ni de droite ni de gauche » ou encore qu’il est « socialement de gauche et économiquement de droite ».

Le qualificatif « populiste » est assez unanimement utilisé par les historiens et politologues, d’autres parlent de « national-populisme »

Le politologue René Rémond dit que le Front National exploite tous les sujets de mécontentement.

Alliances électorales

Des arrangements locaux entre droite et FN ont eu lieu entre 1977 et 2004. Le RPR et le Parti Républicain  ont condamné les alliances. Des sanctions internes ont été prises contre des élus de droite s’alliant au FN à partir de 1992. Marine le Pen refuse l’idée d’une alliance avec l’UMP, estimant que « nous ne pouvons pas faire d’accords électoraux, d’alliances politiciennes, alors que nous avons des divergences si profondes avec l’UMP. Ce n’est pas une différence de degré que nous avons avec l’UMP, c’est une différence de nature »

Géographie électorale

Depuis les années 1980, le Front national réalise ses meilleurs scores dans le Nord-Est, l’Est et le Sud-Est de la France, les zones de forte présence électorale du FN recouvrent le plus souvent des régions touchées par la désindustrialisation  à fortes proportions d’immigrés et d’implantation des rapatriés d’Afrique du Nord.

CAMPAGNE DE 2012

En 2011 dans le domaine de la politique économique, le Front national défend  la sortie de la France de la zone euro, l’instauration de protections douanières, la nationalisation de certains secteurs stratégiques. Par ailleurs, le Front national souhaite l’arrêt de toute immigration, et  que la France sorte de l’OTAN. Les critiques pointent  le flou et le caractère inachevé du programme de Marine Le Pen, le recyclage des idées d’autres partis ou celles d’intellectuels opposés au Front national, et l’irréalisme de certaines propositions.

Même si le parti semble isolé quant aux alliances qu’il pourrait conclure, ses thèmes de campagne sont souvent repris (prières des musulmans dans les rue ou dernièrement polémique sur la viande hallal) par une partie de la droite populaire (aille droite de l’UMP). Certains parlent de « Lepénisation des esprits » et pensent qu’après les élections présidentielles, surtout si elles étaient perdues par l’UMP, il pourrait y avoir des recompositions et des rapprochements avec le Front National.

A suivre…

Hymne : « Bleu, Blanc, Rouge, la France est de retour ! »

Michèle Enfedaque

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