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Débat : « frustration » pour l’UMP, « vivement dimanche » pour le PS

> Le Nouvel Observateur, le 03-05-2012 à 13h14<

Finalement, tout le monde l’a trouvé « agressif » pendant le débat télévisé de mercredi 2 mai au soir ! Mais de qui parle-t-on au juste ? Des deux candidats en fait. L’adjectif est largement repris par les soutiens des deux camps. A l’UMP, Nathalie Kosciusko-Morizet s’est étonnée du « côté agressif » de François Hollande. Jean-François Copé l’a vu « en hyperagressivité sur la totalité des thèmes ». Côté PS, pour Jean-Marc Ayrault, « Nicolas Sarkozy tombait en permanence dans l’agressivité ». Même ligne au Parti radical de gauche où Jean-Michel Baylet a observé un candidat-président « dans l’esquive permanente et l’agressivité ».

La posture présidentielle

Les candidats ont-ils montré une stature de président de la République ? « François Hollande, sur tous les sujets, a été à la hauteur de ce qu’on attend d’un président de la République », se félicite Martine Aubry. Un candidat « prêt à présider la France » avec « la stature d’un homme d’Etat » pour Jean-Michel Baylet. Une « qualité d’un homme d’Etat » aussi observée par Jean-Marc Ayrault.

A l’UMP, la question de la posture présidentielle ne se pose pas : le statut et l’expérience, Nicolas Sarkozy les a déjà. « On avait un chef d’Etat qui a tenu la barre », constate François Baroin. Alors, chacun préfère saluer, comme le fait le ministre de l’Economie, un homme « serein, digne, combatif ». « La détermination, la solidité d’un homme », qui persuadent Jean-François Copé et les militants de l’UMP : « On va gagner ! »

Manque d’enthousiasme à l’UMP

Les ténors de l’UMP peinent, en revanche, à clairement se féliciter de la prestation de leur candidat et se contentent, à l’instar de Nadine Morano, d’insister sur la « lourdeur de la tâche accomplie » par le président sortant. Ils préfèrent dénigrer l’intervention de François Hollande. Jean-François Copé ironise sur un « moment tragi-comique », « le moment où François Hollande a dit ‘moi, président de la République, moi je, moi, je’, (…) c’était ridicule, chaque fois les gens rigolaient. »

Le patron de l’UMP insiste sur cette tirade : « Disons que j’ai bien pensé au Guignols. » Même lorsque le conseiller spécial, Henri Guaino, reconnaît en François Hollande « un politicien habile qui me fait penser aux politiciens de la IVe République », le compliment est une attaque : « Tout ce que je déteste. » Seul le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant admet que le candidat PS s’est montré « très pugnace ».

Au PS, l’enthousiasme pour l’intervention de son candidat est bien plus marqué. Martine Aubry a trouvé François Hollande « exceptionnel ». Ségolène Royal salue une démonstration faite « avec panache et brio » par son ancien compagnon.

Mais qui a gagné le débat ?

L’UMP, par la voix de Claude Guéant ou de Nadine Morano, parle de « frustration » à l’issue du débat. La ministre de l’Apprentissage n’en démord pas : « J’ai ressenti de la frustration parce que l’emploi des jeunes n’a même pas été abordé, que nous arrivions sur les questions internationales vers 23h30. Cela aurait mérité qu’il y ait trois débats. » Le ministre de l’Intérieur regrette aussi que le candidat socialiste ait donné l’impression « d’être déjà installé dans le fauteuil du président ».

Une impression de victoire partagée par Jean-Luc Mélenchon qui a appelé à voter Hollande au second tour : son candidat a « bien scotché » Nicolas Sarkozy. Jean-Marc Ayrault estime lui aussi qu’il y a eu un gagnant : le débat « n’est pas un match nul ». Pour Ségolène Royal, aucun doute, « François Hollande a dominé les débats ». Et Martine Aubry de conclure : « Hollande était déjà dans la fonction de président de la République, je n’ai qu’un mot à dire : vivement dimanche ! »


Les insolites du premier tour…

>Vu sur Europe 1  le 23 avril 2012 à 22h28<

Votes originaux, abstention et participation records, certains chiffres étonnants ont fait sourire.

Cheminade deuxième dans un village des Vosges, Sarkozy à 0% dans une commune du Béarn, un patelin breton à 100% de participation, zoom sur les insolites du premier tour de la présidentielle.

Cheminade 2e… dans les Vosges

S’il est une commune en France qui a été touchée par le discours de Jacques Cheminade, c’est bien Varmonzey, dans les Vosges. Le candidat de Solidarité et Progrès termine 2e derrière Nicolas Sarkozy avec 22,73%. Pour l’anecdote, cinq des 22 votants de la commune ont choisi le bulletin Cheminade.

Zéro pointé pour Sarkozy

A Pouliac, en Charente-Maritime, on a visiblement une dent contre le président sortant. Sur les 31 votants, aucun n’a choisi Nicolas Sarkozy. Ce zéro pointé, le candidat de l’UMP l’a rencontré dans 34 communes françaises, soit trois de moins que François Hollande.

Cheminade a eu zéro dans une commune sur deux

17.232 : c’est le nombre de communes françaises où Jacques Cheminade n’a même pas recueilli une seule voix. Cela représente à peu près une commune sur deux de France. Nathalie Arthaud (9.391) et Philippe Poutou (4.941) ont été moins oubliés.

Les candidats (presque) maîtres chez eux

Chacun a été maître chez soi… ou presque. La remarque vaut pour la moitié des candidats : Nicolas Sarkozy à Neuilly-sur-Seine (72,6%), François Hollande à Tulle (56,4%), Marine Le Pen à Hénin-Beaumont (35,48%), François Bayrou à Bordères (36,63%) et Nicolas Dupont-Aignan à Yerres (24,88%). Moins pour Jean-Luc Mélenchon, 3e à Massy(15%) ou Nathalie Arthaud, avant-dernière à Vaulx-en-Velin avec 113 bulletins à son nom (0,79%). Quant à Eva Joly, Philippe Poutou ou Jacques Cheminade, ils n’ont pas d’ancrage local fort particulier.

Et un, et deux, et trois, et quatre zéros

A Brachay, dans la Haute-Marne, six candidats suffisaient. Jacques Cheminade, Nathalie Arthaud Eva Joly et Nicolas Dupont-Aignan ont reçu le même accueil dans les urnes : nul. Aucun des 45 votants n’a jugé utile de glisser l’un de leur bulletin dans l’urne. A une voix près, François Bayrou et Philippe Poutou les rejoignait. En fait, à Brachay, on aime surtout Marine Le Pen (72,1%).

Coupesarte et Champ-de-la-Pierre, villes concernées

Le point commun entre Champ-de-la-Pierre, dans l’Orne, et Coupesarte, dans le Calvados ? La participation. Aucun des citoyens de ces deux communes n’a manqué à son devoir dimanche. Un 100% qui mérite d’être salué.

La Guyane mauvaise élève

A l’inverse, l’élection présidentielle n’a pas suscité l’enthousiasme en Guyane, où l’abstention a été conséquente. C’est à Papaichton que le record a été enregistré, avec 81,52%. Mais trois autres villes dépassent les 70% d’abstention : Grand-Santi (75,86%), Saint-Elie (73,68%) et Matoury (73,19%)


Déclaration de Jean-Luc Mélenchon

A la suite du premier tour, Jean Luc Mélenchon a appelé à battre Nicolas Sarkozy au second tour. Regardez :


Candidats qualifiés pour le 2nd Tour

François Hollande PS : 29%

Nicolas Sarkozy UMP : 26%


Bayrou, Cheminade, Sarkozy, Arthaud et Mélenchon sur France 2 : ce qu’il faut en retenir

> France TV info, Publié le 12/04/2012 | 23:02 , mis à jour le 13/04/2012 | 08:05 <

Après la première édition avec François Hollande, Marine Le Pen, Eva Joly, Nicolas Dupont-Aignan et Philippe Poutou mercredi, François Bayrou, Jacques Cheminade, Nicolas Sarkozy, Nathalie Arthaud et Jean-Luc Mélenchon étaient invités de l’émission « Des paroles et des actes », jeudi 12 avril. Par ordre tiré au sort, ils se sont confrontés, les uns après les autres, aux quatre mêmes journalistes durant 16 minutes et 30 secondes, CSA oblige. Enjeux et résumé pour chacun.

• François Bayrou

L’enjeu Enrayer la chute. L’ex-« troisième homme » de 2007 n’a plus la cote, il est même tout récemment tombé sous la barre des 10% dans les sondages, derrière Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Le centriste, qui n’a pas lâché son discours sur le désendettement du pays depuis cinq ans, doit donc renverser la vapeur.

La phrase « On considère comme normal que l’Etat, qui devrait montrer l’exemple, entasse la dette sur le dos des enfants. »

L’attitude Sérieux et pédago. Fidèle à lui-même, le candidat du MoDem a défendu son programme, notamment son volet économique. Son diagnostic ? « Le modèle social français est gravement menacé (…) parce que c’est le modèle le plus exigeant et le plus cher des pays qui nous ressemblent. »

François Bayrou a également dénoncé « le gaspillage encouragé » de l’Etat, promettant« qu’on ne dépensera[it] pas plus l’année prochaine et l’année suivante » que cette année s’il était élu. Enfin, il a maintenu ses propos sur le « climat » politique tenus le soir de la tuerie dans l’école juive de Toulouse, estimant : « Les guerres de religion ne sont jamais éteintes, elles menacent toujours de se rallumer. »

La difficulté Interrogé sur les appels du pied de l’UMP et du PS en sa direction, François Bayrou s’est présenté comme « la seule majorité stable et crédible face à la crise », tout en refusant d’exclure l’idée d’être le Premier ministre de l’un ou l’autre des deux candidats.


• Jacques Cheminade

L’enjeu Gagner en crédibilité. Déjà candidat en 1995, le chef de file de Solidarité et Progrès, qui a décroché de justesse les 500 parrainages, est considéré comme l’ovni de cette élection. Avec ses propositions surprenantes et iconoclastes et une équipe de campagne restreinte, il profite de l’égalité du temps de parole pour sortir de l’anonymat.

La phrase « Je suis une Jeep tout terrain et ce qui m’intéresse, c’est de voir les choses en perspective. »

L’attitude Dans l’espace. Contrant toutes les attaques en « bizarrerie » de son programme en invoquant « l’avenir, la vision à long terme », Jacques Cheminade a défendu tour à tour le développement du chant choral, les investissements pour « une fusée Ariane 5 ME » et perdu ses interlocuteurs avec des propos techniques.

Il a regretté « la mystique de l’équilibre budgétaire », expliqué « la différence entre la dette légitime et illégitime » et invoqué Maurice Allais, « notre seul prix Nobel d’Economie », qui prônait la séparation des banques de dépôt et d’investissement. Il partage d’ailleurs cette proposition avec François Hollande, pour qui il pourrait voter au second tour, « s’il maintient ses positions contre la finance ».

La difficulté Interrogé sur les théories du complot largement relayées par son mentor américain Lyndon LaRouche, il a botté en touche : « Je considère qu’il y a deux types d’imbéciles, ceux qui disent ‘il n’y a pas de complot, jamais’, et ceux qui disent qu’il y a des complots tout le temps. » Sur les attaques du 11 septembre 2001 à New York notamment, il s’est contenté d’affirmer : « Il y a des éléments troublants.« 


• Nicolas Sarkozy

L’enjeu Gratter des points. Le président candidat confiait dimanche 8 avril auJDD « sentir monter la vague » de la victoire. Mais, donné en recul dans les derniers sondages et toujours largement distancé par François Hollande au second tour, il cherche toujours un véritable élan.

La phrase « La France silencieuse a des choses importantes à dire, à vous, aux médias, à la pensée unique, attendons le choix des Français. »

L’attitude Pragmatique et expérimenté. Comme au cours de ces derniers jours de campagne, Nicolas Sarkozy cherche à se repositionner comme le capitaine capable de tenir la barre : « J’ai l’expérience de la gestion des crises »« la crise, c’est pas une invention, c’est une réalité et il y a quelques jours encore, il a fallu sauver la Grèce »« la dette, le déficit, c’est pas du tout de la psychologie ». Et de promettre : « Si les Français continuent à me faire confiance, on continuera à réduire les dépenses », pointant du doigt celles entraînées selon lui par le programme de François Hollande.

Le candidat UMP a de nouveau décliné certaines de ses annonces, comme l’indexation des retraites sur l’inflation, la fermeture de manière « unilatérale » des marchés publics français aux entreprises produisant hors d’Europe si l’Union n’obtient pas « la réciprocité[d’accès aux marchés] auprès des grands d’Asie ». Sans oublier de tacler son adversaire socialiste.

La difficulté Interrogé sur les propos d’Eva Joly la veille, qui avait parlé d’« une présomption concordante et précise » quant au financement illégal de sa campagne en 2007 et de celle d’Edouard Balladur en 1995 dont il était porte-parole, Nicolas Sarkozy s’est agacé : « Je n’ai pas à répondre à madame Joly, madame Joly c’est qui ? C’est l’alliée de monsieur Hollande. (…) Quand on pense que cette dame qui viole tous les principes du droit (…) a été magistrate (…). Demandez-lui d’apporter des preuves, des faits et je lui répondrai, mais sur les ragots, sur la médisance, la méchanceté, permettez-moi de vous opposer le mépris le plus cinglant. »


• Nathalie Arthaud

L’enjeu Prouver qu’elle est la vraie candidate « communiste révolutionnaire ». Après le show de Philippe Poutou (NPA), le candidat le plus proche d’elle idéologiquement, celle qui a succédé à Arlette Laguiller fait face à un vrai défi. Créditée de moins de 1% dans les sondages, elle cherche à populariser et encourager la lutte internationale des classes, celle des ouvriers et salariés contre « le grand capital ».

La phrase « Je ne connais que la force sociale, la force des travailleurs qui revendiquent leurs droits contre des groupes qui sont riches à milliards. »

L’attitude Vent debout, révoltée. La candidate de Lutte ouvrière n’a eu de cesse de dénoncer « la dictature du grand capital que nous vivons aujourd’hui »« le diktat »« tout le mal qu’[elle] pense de l’économie capitaliste ». Nathalie Arthaud a brandi « la loi et l’article L. 1146-1 » du Code du travail pour justifier sa volonté d’emprisonner les « patrons voyous ».

Elle a également défendu la suppression de la TVA, sauf « pour les produits de luxe, les sacs Vuitton, les yachts », sur lesquels elle envisage même de « doubler, tripler » cette taxe. La candidate trotskiste a réaffirmé la nécessité d’interdire les licenciements, « mesure d’urgence », et celle d’« un salaire jusqu’à la mort » financé avec « les profits qu’on pourrait enlever à ceux qui accaparent des milliards ». Sur les sujets internationaux, Nathalie Arthaud a maintenu ses propos comparant Gaza à « un camp de concentration, une prison à ciel ouvert ».

La difficulté Interrogée sur l’orientation politique de l’enseignement en économie qu’elle dispense au lycée, Nathalie Arthaud a joué la carte de la comparaison avec les journalistes : « Je vous rassure, quand je suis au travail, je travaille et quand je défends mes idées politiques, je défends mes idées politiques, je fais exactement comme vous, je reste neutre, objective. » Précisant dans un sourire : « Nicolas Sarkozy, c’est pas l’alpha et l’oméga, et il n’est pas encore au programme. »


• Jean-Luc Mélenchon

L’enjeu Arracher la troisième place. Après une forte progression dans les sondages, qui le placent au coude-à-coude avec Marine Le Pen autour de 13-14% d’intentions de vote, le candidat du Front de gauche rêve ouvertement de battre le Front national et cherche donc à maintenir le souffle de sa campagne.

La phrase « Je ne peux pas vous cacher que j’ai plaisir à voir que ce que nous avons entrepris rencontre une telle audience. »

L’attitude Entre maîtrise et grandes tirades. Jean-Luc Mélenchon a alterné grandes envolées, coups à ses adversaires et piques contre les journalistes. Le leader du Front de gauche a d’abord balayé le culte de la personnalité dont il ferait l’objet : « Les gens qui viennent là ne viennent pas admirer un bonhomme, vous savez pourquoi ils s’évanouissent ? C’est parce qu’il fait une chaleur épouvantable et qu’ils sont serrés comme des rats. » Il a ensuite prôné « une Assemblée nationale constituante » pour mettre en place « la VIe République », la sortie du traité de Lisbonne et de l’Otan.

Avant de se réjouir de la pression qu’il pourrait faire peser sur la gauche si son score dans les sondages se confirmait : « Ceux qui croyaient qu’on était la gauche folklorique, sans contenu, (…) que le rouge était à ranger au placard, tout ça c’est terminé, nous sommes là ! » Enfin, reprenant une information de Mediapart, il s’emporte : « La finance internationale va attaquer la France le 16 avril prochain, (…) nous entrons dans la saison des tempêtes et on verra qui a une stratégie contre la finance. »

La difficulté Interrogé sur sa position vis-à-vis de François Hollande, Jean-Luc Mélenchon a rétorqué : « Chaque fois qu’il prend une bonne idée dans mon programme, j’applaudis des deux mains et je lui dis ‘je te donne tout le programme’, il peut me passer devant s’il reprend mon programme. »


Mélenchon à Marseille : « Notre force, c’est le métissage »

> Le Nouvel Observateur, Créé le 14-04-2012 à 13h40 – Mis à jour à 17h09 <

Jean-Luc Mélenchon a débuté son discours à Marseille, samedi 14 avril, devant 120.000 personnes selon les organisateurs, en défendant la dimension universaliste de la France.

Sur la plage du Prado sous un grand soleil, dans une marée de drapeaux rouges et tricolores, il a été accueilli sous les cris de « résistance, résistance », levant son poing tout sourire. « Comme vous êtes émouvants, grands, beaux! », a-t-il lancé.

Pour le candidat du Front de gauche, « le socle de l’identité républicaine de la patrie française est dans la Méditerranée ! », dont il veut faire une zone de paix.

« Notre chance c’est le métissage », a lancé l’eurodéputé, sous les « youyous », avant de saluer « Arabes et Berbères » par qui sont venus en Europe « la science, les mathématiques ou la médecine » au temps où « l’obscurantisme jetait à terre l’esprit humain ».

Plage au peuple

Désormais entre 13 et 17% dans les sondages, Jean-Luc Mélenchon veut faire « plage au peuple » à Marseille, à la veille des rassemblements parisiens de François Hollande et Nicolas Sarkozy.

Le candidat du Front de gauche (FG) qui détourne ainsi son slogan « place au peuple », investira la plage du Prado, après des mois de frictions avec la mairie UMP qui lui en refusait l’accès. Des dizaines de milliers de personnes sont à nouveau attendues pour ce troisième meeting en plein air en moins d’un mois.

Ayant pour la sixième semaine consécutive la meilleure dynamique de campagne (TNS-Sofres), celui qui remplit les salles et places partout où il passe ironise d’ailleurs sur son « concurrent » François Hollande et son « adversaire » Nicolas Sarkozy qui « l’imitent » désormais, eux qui seront respectivement au bois de Vincennes et à la Concorde dimanche.

« Tous ceux qui aboient me servent »

« Je les vois maintenant eux aussi occuper les rues et parfois même se risquer sur des places avec des succès souvent mitigés », « vous allez voir la différence du traitement médiatique! », mais « rien de tout cela ne se compare à ce que nous faisons », écrit sur son blog l’eurodéputé qui a repris ses attaques virulentes contre les médias tout en reconnaissant que « tous ceux qui aboient (l)e servent ».

Dans la cité phocéenne, une ville « bigarrée, mélangée », « symbole d’ouverture » vers la Méditerranée, le possible troisième homme de la présidentielle, toujours au coude à coude avec Marine Le Pen, abordera son thème de la « République sociale », entre VIe République et planification écologique, lors d’un discours prévu vers 16h.

Auparavant, après une partie musicale à 14h, interviendront Clémentine Autain (La Fédération pour une alternative sociale et écologique) et Pierre Laurent (PCF).

Grand pique-nique à Pau

Dimanche, Jean-Luc Mélenchon se rendra à Pau pour un grand pique-nique au côté d’Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF. Il finira sa campagne par un meeting en salle jeudi à Paris (Porte de Versailles), visible en multiplex dans d’autres villes, avant une dernière soirée en plein air au soir du premier tour place Stalingrad, là où il avait mené son premier meeting de candidat en juin.

Mais pour celui qui continue de rêver à un deuxième tour, l’histoire ne s’arrêtera pas là. Car, expliquait-il à des journalistes vendredi lors d’un déjeuner, après la présidentielle, il n’y aura « pas de relâchement de l’espace politique ».

Si la gauche l’emporte, « la victoire électorale sera suivie d’une mobilisation populaire », comme en 1936, pense-t-il, jugeant que « la logique veut que la finance attaque la France », ce qui « devrait mettre à nu les questions de stratégie ».

« La gauche c’est moi »

Et pour l’ex-PS qui a une « stratégie de combat » face au « modèle néolibéral qui va sauter », « le Front de gauche va continuer et avant 10 ans, il sera au pouvoir ». Pour s’opposer à la finance, « la gauche c’est moi! », s’exclame-t-il, soulignant que « caillou après caillou », le FG est devenu une « construction en béton armé ».

Alors, pas question d’entrer dans un gouvernement socialiste. Au Parti de gauche comme au Parti communiste français, « personne n’ira au gouvernement ou alors des renégats » comme Robert Hue, l’ex-secrétaire général du PCF soutenant François Hollande, assure Jean-Luc Mélenchon.

Quant aux législatives, il n’exclut désormais plus d’être candidat, peut-être même à Paris où la rumeur le donne face à Cécile Duflot dans la 6e circonscription, certains l’imaginant en président du groupe FG à l’Assemblée.


Les clips de campagnes ont été publiés

Nathalie Arthaud :

Philippe Poutou :

Jean Luc Mélenchon :

Eva Joly :

François Hollande :

Jacques Cheminade :

François Bayrou :

Nicolas Sarkozy :

Marine Le Pen :

Nicolas Dupont-Aignan :


Nicolas Sarkozy y réunit ses partisans ce dimanche. Un choix qui s’inscrit dans l’histoire de la droite française.

>Créé le 12-04-2012 à 23h38- Mis à jour le 14-04-2012 à 21h35 Le Nouvel Observateur<

Manifestation gaulliste le 30 mai 1968 (Sipa)

Manifestation gaulliste le 30 mai 1968 (Sipa)

Lorsqu’il décide de faire ériger l’obélisque de Louxor au centre de la place de la Concorde, le roi Louis-Philippe déclare : « Elle ne rappellera aucun événement politique ». Il ne sait pas alors qu’au cours des siècles, la place se chargera peu à peu de symboles. Car ce n’est pas un hasard si Nicolas Sarkozy choisit d’en faire le lieu de célébration de sa victoire à la présidentielle de 2007, rassemblant près de 30.000 personnes. Puis qu’il décide d’y retourner ce dimanche 15 avril, à une semaine du premier tour de la présidentielle 2012, pour y organiser un grand rassemblement de ses partisans, imitant en cela François Hollande, qui s’installe à Vincennes.

La place de la Concorde s’inscrit dans l’histoire de la droite française. Sacrée place Louis XV, elle fut d’abord imaginée comme symbole de la monarchie. Avant de devenir celui de sa chute : Louis XVI et Marie-Antoinette, qui s’y étaient mariés dans le faste, y perdront la tête. La place est alors brièvement rebaptisée place de la Révolution. Et de nombreuses autres têtes tomberont. Celle de Madame Roland, qui prononça ces mots en 1793 sur l’échafaud: « Oh liberté, que de crimes on commet en ton nom ! »

Son nom varie au gré des régimes. Place de la Concorde sous le Directoire, le Consulat et l’Empire, à nouveau place Louis XV puis place Louis XVI sous la Restauration, place de la Charte en 1830, pour reprendre, enfin, sous la Monarchie de Juillet le nom de place de la Concorde.

En février 1934, les ligues d’extrême-droite et les anciens combattants de la Croix-de-Feu s’y retrouvent pour protester contre le gouvernement Daladier, alors accusé de corruption. La manifestation dégénère. La police tire. L’affrontement fera 16 morts et plusieurs centaines de blessés.

C’est encore là que, le 26 août 1944, une foule acclame le Général de Gaulle au lendemain de la Libération. C’est plutôt ce symbole-ci dont Nicolas Sarkozy se réclame.

« Je voudrais à la Concorde qu’il y ait des milliers et des milliers de gens qui viennent partager nos convictions, qui viennent se rassembler à une semaine du premier tour, qui viennent se mobiliser, qui viennent nous aider à construire cette France forte », a-t-il déclaré sur Europe 1. « Et puis la Concorde, la Concorde, c’est le rassemblement, c’est l’amitié et je les attends ».

Le 30 mai 1968, les gaullistes rassemblent plusieurs centaines de milliers de personnes sur les Champs-Elysées, entre la Concorde et l’Etoile, pour manifester leur soutien au gouvernement face au mouvement social.

Le 7 mai 1995, c’est place de la Concorde que Jacques Chirac fête son élection à la présidence de la République.

On lui oppose souvent la place de la République, haut lieu de rassemblement de la gauche. C’est d’ailleurs l’un des arguments avancés par un élu pour contester le déplacement des deux bassins qui ornent la place de la République, actuellement en travaux. « La place de la République fut créée, sous la IIIe République, pour faire un pendant républicain à la place de la Concorde, liée à l’histoire de la royauté ».

Estelle Gross et Baptiste Legrand


Un débat entre les 10 candidats prévu le 16 avril

>Le Nouvel Observateur, le 02-04-2012 à 22h08<

La liste exacte des invités et les modalités du débat restent à définir, fait savoir France 2.

France 2 proposera le 16 avril une émission spéciale « Mots croisés » avec les 10 candidats à l’Elysée ou leurs soutiens, mais la liste exacte des participants et les modalités du débat – notamment son horaire – sont encore à définir.

Les détails sur le déroulement de cette émission seront mis au point mardi, a indiqué la chaîne publique. « Mots croisés » est une émission politique hebdomadaire présentée par Yves Calvi, et diffusée tous les lundis à 22h50 pendant 90 minutes.

Nicolas Sarkozy s’est déjà prononcé défavorablement. « Le débat, il a lieu pour les deux candidats que les Français auront choisi pour le 2e tour », a déclaré le chef de l’Etat vendredi sur BFM-TV.

Une majorité de candidats favorables à ce débat

Dans l’équipe de François Hollande, on se montre prudent, en soulignant qu' »un débat à dix, c’est compliqué à organiser ». « Si cela donne lieu à une foire d’empoigne incompréhensible, ça ne rendra pas service aux Français », a indiqué un proche de François Hollande.

Mais en dehors des deux « grands », une majorité de candidats se sont dit favorables à l’organisation d’un débat entre tous les prétendants avant le premier tour du scrutin, notamment Jean-Luc Mélenchon, François Bayrou, Nicolas Dupont-Aignan et Marine Le Pen.

Nicolas Dupont-Aignan, qui sera présent sur le plateau le 16 avril, s’est félicité dans un communiqué de la décision de France Télévisions, tout en demandant que cette émission soit programmée en première partie de soirée, comme « cela avait été le cas pour les débats de la primaire socialiste ».

« Connivence à étouffer tout débat »

François Bayrou a aussi exigé que la confrontation ait lieu en prime time, estimant qu’il n’existait « aucune excuse d’aucune sorte pour la télévision publique de ne pas se rendre à ses obligations ».

« Vous avez organisé un débat en première partie de soirée pendant plus de deux heures pour les primaires du PS. Même si cela ne plaît pas à M. Sarkozy et à M. Hollande, le premier tour officiel de l’élection présidentielle française, c’est plus important que les primaires socialistes », a lancé le candidat centriste, lors d’un meeting à Dijon.

Sa directrice de campagne, Marielle de Sarnez, avait plus tôt garanti que le candidat du MoDem serait présent, quoi qu’il arrive. « Si deux d’entre eux refusaient de venir (…) preuve sera alors apportée de leurs intérêts partagés, de leur connivence à étouffer tout débat », a ajouté l’eurodéputée, sans citer les noms de Nicolas Sarkozy et de François Hollande.

« Il ira si Sarkozy et Hollande y sont »

« On fera sans eux! », a répondu Stéphane Sitbon-Gomez, directeur de campagne d’Eva Joly. Jacques Cheminade, Nathalie Arthaud (LO) et Philippe Poutou (NPA) seront aussi présents sur le plateau, ont indiqué leur entourage.

« Nous sommes favorables à des débats avant le premier tour (…) Le système fait une campagne de second tour avant le premier, contrairement aux souhaits des Français », a expliqué Bruno Bilde, directeur de la communication de la campagne de Marine Le Pen.

Néanmoins, une autre source au FN, sous couvert d’anonymat, a expliqué que « Marine (Le Pen) ira si les deux autres grands candidats », François Hollande et Nicolas Sarkozy, « y vont aussi ». Même réponse côté Mélenchon. « Il ira si Sarkozy et Hollande y sont », a affirmé François Delapierre, son directeur de campagne.


A Lyon, Marine Le Pen s’érige en seule candidate anti-système

>AFP, le 08/04/2012 à 07h14<

Marine Le Pen s’est érigée samedi, en meeting à Lyon, en seule candidate anti-système, notamment contre le « fascisme doré » des banques et des marchés financiers, renvoyant ainsi gauche et droite dos-à-dos, et Jean-Luc Mélenchon à un rôle d' »idiot triplement utile ».

A deux semaines du premier tour, celle que les sondages ne créditent plus que de 13 à 16% des intentions de vote veut toujours créer la surprise et se voit plutôt au-delà des 20% au soir du 22 avril.

Mais Marine Le Pen a aussi lancé un appel solennel à la mobilisation, devant un amphithéâtre de 3.000 places pas totalement rempli, pour parer à tout risque d’abstention dans ses troupes et dans l’électorat.

« Le résultat n’est pas écrit, mais pas une voix ne doit manquer », a-t-elle lancé, en promettant « un véritable raz-de-marée, le raz-de-marée du changement, de la révolte populaire ».

De candidate anti-système, il n’y en a qu’une et c’est bien elle, a voulu faire comprendre en substance la dirigeante frontiste, qui voit Jean-Luc Mélenchon grignoter les points dans les intentions de vote et se rapprocher d’elle.

Le leader du Front de gauche, face auquel elle avait refusé de débattre durant la campagne, serait un « idiot triplement utile »: parce qu’il permet à la gauche de « se défouler » avant de voter pour Hollande au 2e tour, parce qu’il aide Nicolas Sarkozy en affaiblissant le PS au premier tour, et enfin, parce qu’il donnerait l’illusion d’un vote anti-système, a-t-elle expliqué, alors que le nom de Jean-Luc Mélenchon a été hué et conspué par la foule.

S’autoproclamant « candidate incorruptible dans une classe politique vendue et corrompue », elle a renvoyé tous ses adversaires dos-à-dos, coupables selon elle d’impuissance délibérée face à la « dictature » des « banques » et des « marchés financiers ». Un « fascisme doré », a-t-elle résumé, alors que quinze jours plus tôt, elle s’élevait contre « le fascisme vert » de l’islam radical.

« Sarkozy, Mélenchon, Bayrou, Hollande, tous portent dans le dos la marque des banques qui les sponsorisent », a-t-elle accusé. Elle a promis de redonner la possibilité à l’Etat d’emprunter directement et à taux zéro auprès de la Banque de France, après avoir mis fin à l’euro, « cette monnaie qui est en train de faire tomber l’Espagne, après la Grèce, l’Irlande et le Portugal ».

Ensuite, Marine Le Pen a dépeint un peuple « volé » pendant « des décennies ». Par les « impôts » devenus « injustes », par les « ententes » entre les grands groupes, mais aussi par la grande distribution, la fraude sociale ou encore la « traque aux automobilistes » submergés d’amendes etc.

Les Français « paient de plus en plus de taxes, mais ils ont de moins en moins en face, moins de tribunaux, moins de prise en charge, moins de sécurité, moins de policiers, moins de gendarmes », « des transports de plus en plus chers », a-t-elle exposé.

Evoquant « ces Français » qui ne rentrent « pas dans les cases » des aides sociales lorsque survient un « accident de la vie », elle a alors ajouté: « Mohamed Merah, lui, il rentrait dans les cases, comme des milliers de voyous récidivistes et criminels qui vivent sur notre dos ». « Eh bien mes amis, ceux-ci n’y auront plus droit! », a-t-elle promis, ce qui lui a valu une ovation. De la salle s’élevaient des « La France aux Français. La France aux Français ».

« Vous avez été volés pendant des décennies, voulez-vous que cela continue? », a-t-elle demandé en conclusion. « Sur qui peut-on compter pour que cela s’arrête? Sur le peuple français, mais il faut maintenant qu’il se remue. Je veux qu’on se remue partout en France », a-t-elle lancé.


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