Mélenchon à Marseille : « Notre force, c’est le métissage »

> Le Nouvel Observateur, Créé le 14-04-2012 à 13h40 – Mis à jour à 17h09 <

Jean-Luc Mélenchon a débuté son discours à Marseille, samedi 14 avril, devant 120.000 personnes selon les organisateurs, en défendant la dimension universaliste de la France.

Sur la plage du Prado sous un grand soleil, dans une marée de drapeaux rouges et tricolores, il a été accueilli sous les cris de « résistance, résistance », levant son poing tout sourire. « Comme vous êtes émouvants, grands, beaux! », a-t-il lancé.

Pour le candidat du Front de gauche, « le socle de l’identité républicaine de la patrie française est dans la Méditerranée ! », dont il veut faire une zone de paix.

« Notre chance c’est le métissage », a lancé l’eurodéputé, sous les « youyous », avant de saluer « Arabes et Berbères » par qui sont venus en Europe « la science, les mathématiques ou la médecine » au temps où « l’obscurantisme jetait à terre l’esprit humain ».

Plage au peuple

Désormais entre 13 et 17% dans les sondages, Jean-Luc Mélenchon veut faire « plage au peuple » à Marseille, à la veille des rassemblements parisiens de François Hollande et Nicolas Sarkozy.

Le candidat du Front de gauche (FG) qui détourne ainsi son slogan « place au peuple », investira la plage du Prado, après des mois de frictions avec la mairie UMP qui lui en refusait l’accès. Des dizaines de milliers de personnes sont à nouveau attendues pour ce troisième meeting en plein air en moins d’un mois.

Ayant pour la sixième semaine consécutive la meilleure dynamique de campagne (TNS-Sofres), celui qui remplit les salles et places partout où il passe ironise d’ailleurs sur son « concurrent » François Hollande et son « adversaire » Nicolas Sarkozy qui « l’imitent » désormais, eux qui seront respectivement au bois de Vincennes et à la Concorde dimanche.

« Tous ceux qui aboient me servent »

« Je les vois maintenant eux aussi occuper les rues et parfois même se risquer sur des places avec des succès souvent mitigés », « vous allez voir la différence du traitement médiatique! », mais « rien de tout cela ne se compare à ce que nous faisons », écrit sur son blog l’eurodéputé qui a repris ses attaques virulentes contre les médias tout en reconnaissant que « tous ceux qui aboient (l)e servent ».

Dans la cité phocéenne, une ville « bigarrée, mélangée », « symbole d’ouverture » vers la Méditerranée, le possible troisième homme de la présidentielle, toujours au coude à coude avec Marine Le Pen, abordera son thème de la « République sociale », entre VIe République et planification écologique, lors d’un discours prévu vers 16h.

Auparavant, après une partie musicale à 14h, interviendront Clémentine Autain (La Fédération pour une alternative sociale et écologique) et Pierre Laurent (PCF).

Grand pique-nique à Pau

Dimanche, Jean-Luc Mélenchon se rendra à Pau pour un grand pique-nique au côté d’Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF. Il finira sa campagne par un meeting en salle jeudi à Paris (Porte de Versailles), visible en multiplex dans d’autres villes, avant une dernière soirée en plein air au soir du premier tour place Stalingrad, là où il avait mené son premier meeting de candidat en juin.

Mais pour celui qui continue de rêver à un deuxième tour, l’histoire ne s’arrêtera pas là. Car, expliquait-il à des journalistes vendredi lors d’un déjeuner, après la présidentielle, il n’y aura « pas de relâchement de l’espace politique ».

Si la gauche l’emporte, « la victoire électorale sera suivie d’une mobilisation populaire », comme en 1936, pense-t-il, jugeant que « la logique veut que la finance attaque la France », ce qui « devrait mettre à nu les questions de stratégie ».

« La gauche c’est moi »

Et pour l’ex-PS qui a une « stratégie de combat » face au « modèle néolibéral qui va sauter », « le Front de gauche va continuer et avant 10 ans, il sera au pouvoir ». Pour s’opposer à la finance, « la gauche c’est moi! », s’exclame-t-il, soulignant que « caillou après caillou », le FG est devenu une « construction en béton armé ».

Alors, pas question d’entrer dans un gouvernement socialiste. Au Parti de gauche comme au Parti communiste français, « personne n’ira au gouvernement ou alors des renégats » comme Robert Hue, l’ex-secrétaire général du PCF soutenant François Hollande, assure Jean-Luc Mélenchon.

Quant aux législatives, il n’exclut désormais plus d’être candidat, peut-être même à Paris où la rumeur le donne face à Cécile Duflot dans la 6e circonscription, certains l’imaginant en président du groupe FG à l’Assemblée.

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À propos de Achille MARTIN

Entre Fayence et Paris, un étudiant de Sciences Po Paris de 18 ans, qui vous parle d'un peu tout, et c'est vachement sympa. Voir tous les articles par Achille MARTIN

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