Nicolas Sarkozy y réunit ses partisans ce dimanche. Un choix qui s’inscrit dans l’histoire de la droite française.

>Créé le 12-04-2012 à 23h38- Mis à jour le 14-04-2012 à 21h35 Le Nouvel Observateur<

Manifestation gaulliste le 30 mai 1968 (Sipa)

Manifestation gaulliste le 30 mai 1968 (Sipa)

Lorsqu’il décide de faire ériger l’obélisque de Louxor au centre de la place de la Concorde, le roi Louis-Philippe déclare : « Elle ne rappellera aucun événement politique ». Il ne sait pas alors qu’au cours des siècles, la place se chargera peu à peu de symboles. Car ce n’est pas un hasard si Nicolas Sarkozy choisit d’en faire le lieu de célébration de sa victoire à la présidentielle de 2007, rassemblant près de 30.000 personnes. Puis qu’il décide d’y retourner ce dimanche 15 avril, à une semaine du premier tour de la présidentielle 2012, pour y organiser un grand rassemblement de ses partisans, imitant en cela François Hollande, qui s’installe à Vincennes.

La place de la Concorde s’inscrit dans l’histoire de la droite française. Sacrée place Louis XV, elle fut d’abord imaginée comme symbole de la monarchie. Avant de devenir celui de sa chute : Louis XVI et Marie-Antoinette, qui s’y étaient mariés dans le faste, y perdront la tête. La place est alors brièvement rebaptisée place de la Révolution. Et de nombreuses autres têtes tomberont. Celle de Madame Roland, qui prononça ces mots en 1793 sur l’échafaud: « Oh liberté, que de crimes on commet en ton nom ! »

Son nom varie au gré des régimes. Place de la Concorde sous le Directoire, le Consulat et l’Empire, à nouveau place Louis XV puis place Louis XVI sous la Restauration, place de la Charte en 1830, pour reprendre, enfin, sous la Monarchie de Juillet le nom de place de la Concorde.

En février 1934, les ligues d’extrême-droite et les anciens combattants de la Croix-de-Feu s’y retrouvent pour protester contre le gouvernement Daladier, alors accusé de corruption. La manifestation dégénère. La police tire. L’affrontement fera 16 morts et plusieurs centaines de blessés.

C’est encore là que, le 26 août 1944, une foule acclame le Général de Gaulle au lendemain de la Libération. C’est plutôt ce symbole-ci dont Nicolas Sarkozy se réclame.

« Je voudrais à la Concorde qu’il y ait des milliers et des milliers de gens qui viennent partager nos convictions, qui viennent se rassembler à une semaine du premier tour, qui viennent se mobiliser, qui viennent nous aider à construire cette France forte », a-t-il déclaré sur Europe 1. « Et puis la Concorde, la Concorde, c’est le rassemblement, c’est l’amitié et je les attends ».

Le 30 mai 1968, les gaullistes rassemblent plusieurs centaines de milliers de personnes sur les Champs-Elysées, entre la Concorde et l’Etoile, pour manifester leur soutien au gouvernement face au mouvement social.

Le 7 mai 1995, c’est place de la Concorde que Jacques Chirac fête son élection à la présidence de la République.

On lui oppose souvent la place de la République, haut lieu de rassemblement de la gauche. C’est d’ailleurs l’un des arguments avancés par un élu pour contester le déplacement des deux bassins qui ornent la place de la République, actuellement en travaux. « La place de la République fut créée, sous la IIIe République, pour faire un pendant républicain à la place de la Concorde, liée à l’histoire de la royauté ».

Estelle Gross et Baptiste Legrand

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